12 Mai - 21h00 - Michèle Bernard chante Line Viala / John Greaves et Scott Taylor chantent Verlaine.

Michèle Bernard nous a offert trois chansons de la grande Line Viala. Un grand moment ce lundi 12 mai.

Focus sur Line Viala :

« Au départ Line Viala ne devait pas être accordéoniste. Elle est née le 30 août 1910 dans une famille d'artistes où les nationalités se mélangent. Son grand père était un luthier italien, célèbré par Rossini. Sa mère avait suivi le cursus classique de pianiste pour aboutir professeur.

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Elle était partie pour une carrière de concertiste, mais elle rencontre une femme peintre pour qui elle quitte sa famille. C'est à ce moment là que l'affichiste Paul Colin, un roi de Paris la "lance".

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Une jolie femme chantant en s'accompagnant à l'accordéon, capable de passer du populaire au classique, Line Viala fait sensation. A cette époque où les carrières se font marche par marche, Line Viala devient vite une vedette, et passe dans les salles les plus renommées comme les Folies Bergères, et les cabarets les plus huppés comme le Pavillon de l'Elysée. Elle grave une dizaine de faces de 78t (ou souvent pour des raisons technique son accordéon est doublé par un joueur plus "musette"). A la différence de beaucoup d'artistes de Music-hall de l'époque, elle fréquente le gratin de l'intelligentsia de l'époque...Peintres, écrivains, journalistes...

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La guerre survient. Line Viala partage sa vie avec un grand avocat belge anti-fasciste. Elle le suit dans ses pérégrinations qui, loin des lois raciales de Vichy, l'emmènent aux Etats-Unis. A New York elle abandonne le tour de chant : « Je n'aurais pas pu chanter en France devant les Allemands, et à New York je ne voyais pas non plus chanter le « gai paris » aux Américains ».

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Quand elle rentre en France en 1948, Line Viala est déjà oubliée. Yves Montand s'est emparé d'un de ses succès « La fête foraine ». Elle va se recycler, notamment dans les échanges culturels entre la France et les Pays de l'Est. Parfois les artistes qu'elle promeut, comme ceux du trio Tchèque s'étonnent de ses connaissances musicales, de son "oreille absolue". Elle est morte le 26 mars 1998. Son accordéon n'avait pas quitté sa cave. »

Hélène Hazera – 13 février 2008

Michèle nous a donné à entendre les rues de Paris des années 30, la joie qui y régnait, les amours singuliers, les peines communes. Un lever de rideau que beaucoup qualifieront de trop court. Michèle Bernard nous l'a promis, elle reviendra dans une future édition de Wazemmes l'Accordéon.


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John Greaves, le gallois, accompagné de son accordéoniste, pour l'occasion, le grand Scott Taylor. Pas si grand que ça puisqu'il sut se cacher derrière son accordéon incroyablement extensible, capable de rejoindre le ciel.

« Il y a du brouillard ce soir » indiqua John en montrant du doigt l'épais nuage de fumée qui se répandait jusque dans la salle. Puis, Scott, cliqueta de ses doigts les touches de son piano à bretelles produisant des sonorités inédites. L'instrument le plus frenchy devint, l'espace d'un soir, anglophone. Il raconta musicalement la brume londonienne, le crachin anglais, la mélancolie angl-saxonne. John agrémenta de sa voix profonde et grave des paroles écrites un siècle auparavant par Verlaine, autre voyageur troublé par la vie anglaise.

Un spectacle beau, grave, surprenant.