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Qu'il soit samplé par Dr Dre & Trackmaster pour « The firm » , choisi dans la B.O. de « L'affaire Thomas Crown » (avec Nina Simone et Sting), sur des films français tels ceux de Téchiné, ou qu'il ait sillonné le monde pour différents projets ces dix dernières années, Wasis Diop continue sa route avec une intégrité et un talent musical qui font de lui un des artistes incontournables de la « World Music ». Ses chansons sont autant de perles qui composeraient l'œuvre d'un joaillier . « So la la » ouvre le rêve avec une atmosphère poétique aux harmonies lusophones. Judu Bèk (la joie de vivre) , son dernier album, évoque le souvenir, comme une ode à l'enfance (celle qui bâtit les hommes), et rend hommage aux êtres et aux esprits. L'artiste y raconte aussi la vie des parias et des petites gens, il se souvient des rues de Dakar où il errait enfant et raconte sa vision du monde, celui parcouru avec ses yeux d'adultes. Ainsi, une prostituée de Bamako (Anna mou) côtoie Leonard Cohen dans une reprise d' Hallelujah , que Wasis Diop adapte en hommage à son frère disparu (L'ange Djibril) . Il chante en Wolof, parfois en français, comme dans son hymne écologique sur la pollution, les embouteillages et le progrès qui risque bien d'être chantonné par beaucoup tant la mélodie est entêtante, le texte drôle et tristement d'actualité ( Automobile mobile ). Comme à son habitude, Diop invite des voix féminines. Dans le tubesque « Let It go » Wasis Diop nous fait découvrir Grace ainsi que la voix de la japonaise Kaoru pour l'ensorcelant « Jiné Ji » . « Tutti sop » , comptine aux accords sophistiqués relate les amours d'enfants, pendant que « Dans l'arène » , comme une métaphore sur le monde, les guerres et les conflits, vogue bien au-delà de la tauromachie. Dans « Gudi Diop » c'est l'importance des repères qui est évoqué sur des rythmes aux réminiscences Afro-cubaines. Même les petites chansons d'une phrase, d'un mot, ont une intensité et une qualité musicale qui nous emporte loin (« Ku la soxla » et « Galu nobéél » ). On retrouve aussi ces chants aux incantations séculaires, empreints pourtant d'une modernité et d'une ouverture (« Ndiago pop » en hommage à un ami disparu), qui font de Wasis Diop un artiste si original. |
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